L’employeur a décidé de licencier un salarié. La décision est prise. Mais entre la décision et l’exécution, une procédure légale stricte s’impose.
L’employeur a décidé de licencier un salarié. La décision est prise. Mais entre la décision et l’exécution,
une procédure légale stricte s’impose. Au Maroc, la procédure de licenciement est régie
par les articles 62 à 73 du Code du travail. Un seul manquement suffit à rendre le licenciement abusif —
même si le motif est parfaitement légitime.
La procédure de licenciement au Maroc comprend trois étapes incontournables,
quel que soit le motif invoqué — faute grave, insuffisance professionnelle ou motif économique.
Lettre de convocation — datée, signée, mentionnant l’objet de l’entretien sans révéler la décision finale. Doit être remise ou envoyée dans les formes légales.
Procès-verbal d’audition — document établi lors de l’entretien, consignant les déclarations du salarié et ses éventuelles explications. Signé par les parties présentes.
Lettre de licenciement — notification écrite de la décision, motivée de manière précise et circonstanciée. C’est ce document qui sera examiné par le tribunal en cas de litige.
Certaines catégories de salariés bénéficient d’une protection renforcée qui alourdit la procédure.
Représentants du personnel — délégués syndicaux et membres élus du comité d’entreprise. Leur licenciement est soumis à l’autorisation préalable de l’inspecteur du travail. Sans cette autorisation, le licenciement est nul.
Salariées enceintes — protection contre le licenciement pendant la grossesse et pendant les 12 semaines suivant l’accouchement, sauf faute grave non liée à l’état de grossesse.
Licenciement économique collectif — procédure distincte impliquant la consultation des représentants du personnel, la notification à l’autorité de travail et, dans certains cas, un plan social.
Tout manquement dans la procédure de licenciement au Maroc — absence de convocation,
délai non respecté, défaut de motivation — entraîne la requalification du licenciement en licenciement abusif.
La jurisprudence de la Cour de Cassation est constante sur ce point : la régularité de la procédure est une
condition autonome, indépendante du bien-fondé du motif.
L’employeur condamné pour vice de procédure doit verser au salarié des dommages et intérêts calculés sur la base
de 1,5 mois de salaire par année d’ancienneté, en plus des indemnités de licenciement et de préavis.
Pour une analyse des motifs qui peuvent justifier un licenciement et du calcul des indemnités en cas de condamnation,
voir notre article sur le
licenciement abusif au Maroc.
Pour les situations de faute grave, voir
licenciement pour faute grave au Maroc.
La procédure de licenciement au Maroc est un cadre légal précis qui ne tolère pas l’approximation.
Chaque étape doit être respectée dans les formes et délais imposés par le Code du travail. Un employeur qui maîtrise
cette procédure se protège efficacement contre le risque de condamnation, quelle que soit la légitimité de sa décision.
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